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Les images satellitaires en géographie

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Auteur inconnu, (2015), Pixabay, 106047. Licence : libre de droits.

Introduction

L'accès aux images satellitaires, autrefois dévolu aux scientifiques, s’est démocratisé avec des sites tels que Google Mes cartes, Google Earth, Scribblemaps ou Umap. Ceux-ci nous permettent d’observer la planète, d’en comprendre son organisation et d'interpréter différents enjeux à différentes échelles.

En univers social, il peut être difficile pour les élèves de décoder les images satellitaires; elles s’apparentent à des mosaïques complexes multicolores. Il faut tirer profit de cette incompréhension de départ pour susciter chez eux un questionnement, car les images satellitaires ont un grand potentiel didactique. Notre intention sera de développer l'apprentissage du raisonnement géographique à travers ce type de document. 

Comment décoder une image satellitaire?

Dans un premier temps, il faut inviter les élèves à lire une image satellitaire en priorisant deux éléments : les axes et les zones. On tente d’abord de délimiter les grands axes, c’est-à-dire les lignes directrices comme les grandes voies de communication. Ensuite, on tente de déterminer les grandes zones, les regroupements d’éléments similaires, les concentrations sur l’image. Par exemple, un espace habité et l’autre non habité ou une zone urbaine et l’autre désertique. 

Dans un deuxième temps, on peut entreprendre l’identification des éléments physiques observables plus spécifiques sur un territoire. Est-ce possible de reconnaître une usine, un stationnement, un parc? Afin d'annoter l’image, les élèves peuvent utiliser plusieurs outils dont Google Mes cartes, Skitch, OneNote ou encore les outils d’annotation de l’appareil photo d’une tablette.

Les outils mentionnés ci-dessus peuvent servir à identifier un territoire région où l'élève, à partir d'une image satellite, pourra dessiner les axes et zones (routes, zone habitée, territoire minier, chemin de fer et forêt)

 

On peut également demander aux élèves de déterminer : 

  • Où est situé le territoire ;  
  • Quand l’image satellitaire a été prise ;
  • Qui sont les acteurs en présence ;
  • Que représente ce territoire. 


L’activité « Que suis-je? » permet de découvrir un type de territoire à l’aide de plusieurs images satellitaires.

Lire et interpréter un enjeu géographique: une démarche graduelle

Nous proposons des étapes permettant aux élèves de s’approprier différentes techniques de lecture de cartes et d’interprétation d’enjeux géographiques, allant du plus simple au plus complexe.

1. Situer sur une carte

L’utilisation de logiciels comme Google Mes cartes permet aux élèves de situer différents éléments sur une carte, tels que les continents, les pays, l’hydrographie ou tout autre élément géographique. On peut aussi les amener à examiner ces éléments du territoire à différentes échelles grâce aux outils de la cartographie numérique. Ces différentes d’échelles permettent d’alimenter la pensée critique sur la représentation géographique de certains pays dans le monde.

Voici un exemple qui illustre les représentations géographiques trompeuses avec la projection Mercator.

Avec la fonction « tracer une ligne » de l’outil Google Mes cartes, nous pouvons demander aux élèves de comparer la taille du Groenland avec un continent ou un territoire qui lui semble similaire. Il trace les frontières délimitant le Groenland. Par la suite, ils déplacent le Groenland et le superposent à un continent dont ils souhaitent comparer la taille. Ce processus amène ainsi les élèves à réaliser les distorsions créées par les échelles de projections.

 

2. Relever et décrire

Relever et décrire les éléments d’une carte ou d’un territoire sont des compétences associées à la géographie. À l’aide de logiciels de cartographie comme Google Mes cartes, on peut demander aux élèves de relever différents éléments physiques observables, tels que des composantes naturelles (rivières, forêts, montagnes, etc.), des axes d’organisations humaines (routes, chemins de fer, etc.) ou la concentration des habitations sur un territoire. Finalement, grâce aux fonctions « timelaps » de Google Earth et Google Streetview, les élèves peuvent également observer les changements sur un territoire à travers le temps. 

Dans l’exemple ci-dessous, les élèves sont appelés à observer l’image satellitaire et repérer les axes et les zones se trouvant dans la forêt amazonienne.



Accéder à la tâche Qu’est-ce qui menace la forêt amazonienne ?

Dans un autre exemple, les élèves sont invités à observer l’évolution de l’étalement urbain entre 1984 et 2020 de la métropole Du Caire à l’aide de la fonction « timelaps » de Google Earth. On peut orienter leurs observations vers les axes et les zones en transformation.

Accéder à la tâche Une métropole, c’est quoi ?

3. Catégoriser et associer

La dernière étape que l’on associe à la lecture de carte en géographie est la catégorisation de concepts. Ici, les élèves doivent être capables de déterminer des grands ensembles géographiques en fonction de concepts qu’ils connaissent. Cela passe également par une capacité d’association, puisque les élèves doivent associer des concepts à des éléments du territoire qu’ils repèrent sur la carte. Par exemple, ils peuvent remarquer vers le centre du Québec une étendue de vert, et comprendre qu’il s’agit d’un vaste territoire forestier. Les élèves font aussi des comparaisons entre les territoires. Ils peuvent par exemple comparer ce territoire forestier avec un territoire agricole en utilisant des concepts appropriés. Ils usent enfin d’anticipation, en déduisant les caractéristiques d’un territoire. Par exemple, après avoir identifié la forêt boréale sur la carte, l’élève anticipe que ce territoire doit aussi être un endroit où l’on trouve des industries papetières ou des pourvoiries.

Voici un exemple de catégorisation et d’association à partir d’images tirées de la métropole de Montréal que les élèves pourraient effectuer :

  • Ces quatre images devront être bien catégorisées en fonction du territoire de Montréal. En identifiant les infrastructures présentées sur les images, les élèves seront ensuite en mesure de bien les associer au territoire urbain métropole (gratte-ciel = centre-ville, pont = infrastructure, stade = loisir).
  • Une fois le territoire caractérisé, les élèves associent ces images sur un plan satellite. Le défi est de repérer les endroits correspondant aux images. Les élèves pourront observer l’image satellite à différentes échelles, la parcourir et faire les bonnes associations. Ainsi, sans avoir une connaissance approfondie du territoire, les élèves peuvent néanmoins localiser les emplacements des infrastructures par anticipation, sachant par exemple que le pont traverse sûrement le fleuve à un endroit étroit.

4. Schématiser

L’enjeu territorial émerge lorsque plusieurs individus ou groupes ont des visions divergentes sur la façon d’occuper le territoire. Le recours à des documents permettra à l’élève d’examiner les points de vue divergents qui s’affrontent et de cerner la complexité de l’enjeu en question. L’étude du territoire des Cris nous servira d’exemple afin d’illustrer un enjeu territorial.
Avant de faire ressortir des éléments sur une carte, les élèves identifient les groupes en présence dans l’enjeu géographique. Concernant le territoire des Cris, les documents mis à sa disposition lui permettent d’identifier les trois groupes impliqués.

Après avoir identifié les groupes en présence, les élèves indiquent les lieux d’intérêt et dégagent des éléments essentiels sur une carte (infrastructures, ressources convoitées sur le territoire, etc.) Ainsi, les élèves peuvent schématiser l’enjeu de deux façons:

  • Les élèves identifient les éléments géographiques concernant des groupes ou individus sur une carte schématique.
  • L’identification des éléments géographiques peut aussi se faire à l’aide de l’outils Google Mes cartes.

5. Interpréter

Après avoir schématisé l’enjeu, l’interprétation reposera sur sa compréhension globale en tenant compte des propositions des groupes impliqués.  Les élèves doivent comprendre que les propositions des groupes sont porteuses de valeurs et surtout de leurs intérêts. Ils doivent également être capables d'examiner les points forts et les points faibles associées aux propositions.

Par exemple, à l’aide de documents, les élèves résument les propositions des groupes impliqués de l’enjeu territorial.

6. Prendre position

La schématisation et l’interprétation mènent les élèves à prendre une position rationnelle concernant l’enjeu. En tenant compte des coûts d’option et de l’intérêt collectif, ils seront en mesure non seulement de formuler une opinion, mais aussi de la justifier à partir des faits qu’ils auront interprétés. La prise de position peut se décliner en plusieurs actions : 

a. Reconnaître les solutions possibles
b. Exprimer son opinion sur les positions
c. Fonder et justifier son opinion sur des faits
d. Ouverture face à des opinions différentes

À partir de l’enjeu géographique entourant l’exploitation de la forêt amazonienne, les élèves concluent leur analyse en reconnaissant que des solutions sont possibles. Ces solutions sont une occasion de démontrer le caractère planétaire du problème géographique (a). Ensuite, les élèves expriment leur opinion sur les positions des groupes impliqués dans l’enjeu (b), puis ils justifient à partir de faits pourquoi ils jugent que leur opinion devrait être sérieusement considérée (c). Un élève prenant le parti des compagnies forestières pourrait rappeler que la santé économique des villes du Para passe par l’exploitation de la ressource, alors qu’un élève qui privilégie le point de vue des autochtones montrerait la détérioration de leur territoire ancestral. Enfin, il est conseillé de demander aux élèves de faire preuve de nuance dans leur prise de position, car aucune solution n’est parfaite (d). Il importe de reconnaître que d’autres groupes peuvent avoir des opinions différentes mais tout aussi valables.

Une carte de l’Amazonie et son enjeu géographique de la déforestation avec Google Mes cartes.

conclusion

Les images satellitaires permettent aux élèves d’avoir accès à des données géographiques fiables peu importe le lieu dans le monde démontrant le caractère planétaire d’un enjeu territorial. Lorsqu’on les associe à des documents, les images satellitaires offrent aux élèves l’opportunité de s’exprimer sur les actions humaines et leurs conséquences. De son côté, l’enseignant aura à cœur d’expliquer clairement ses intentions didactiques et de bien guider les élèves dans cette abondance d’informations. 

  • L’image satellitaire permet-elle un bon décodage du territoire?
  • Comment inviter les élèves à faire des liens entre la lecture d’une image satellitaire, les documents mis à leur disposition et l’interprétation d’un enjeu territorial?
  • Comment accompagner les élèves dans l’élaboration de solutions responsables et durables à l’échelle planétaire ?

 

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